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19 mai 2020

Faut-il s’inquiéter des troubles gastro-intestinaux causés par la COVID-19 ?

Peut-être le savez-vous déjà, mais la maladie COVID-19 est souvent accompagnée de troubles digestifs, comme la diarrhée, les vomissements, la nausée et les douleurs abdominales.

Les experts craignent que ces symptômes n’indiquent une aggravation de la maladie. En effet, ils précéderaient souvent l’apparition de symptômes respiratoires. Ainsi, une diarrhée pourrait apparaître plusieurs jours avant une toux ou de la fièvre. De plus, les troubles de nature gastro-intestinale pourraient être le signal d’alarme d’un processus inflammatoire mettant en cause le microbiote intestinal. On dit souvent que l’intestin est le deuxième cerveau de l’être humain. Beaucoup de choses se passent autour de cet organe et il est vital au bon fonctionnement du corps humain.

En cas d’infection à la COVID-19, les troubles digestifs sont tout de même assez courants. À vrai dire même, un tiers des patients se retrouvant hospitalisés présentent ce genre de troubles. Ce serait expliqué par le fait qu’il s’y trouve plusieurs récepteurs ACE2, qui sont les portes d’entrée du coronavirus dans le corps humain. Pour plus d’information sur ces récepteurs, nous vous invitons à lire l’article à ce sujet : https://pq.poumon.ca/la-proteine-cle-responsable-de-la-pandemie/

À cause de ces nombreux récepteurs ACE2 présents dans l’intestin, les experts pensent que le coronavirus pourrait s’y multiplier plus facilement que dans les voies respiratoires. Il pourrait s’y loger aussi plus longtemps. C’est pourquoi les chercheurs s’intéressent maintenant à un risque de transmission féco-orale, c’est-à-dire une transmission des excréments à la bouche. Ce genre de contaminations survient, par exemple, lorsqu’un individu ne se lave pas les mains après être allé aux toilettes et qu’il touche par la suite quelque chose avec ses mains, par exemple, en cuisinant pour autrui. Les experts se demandent encore si cette charge virale, présente dans les selles, serait infectieuse ou, en d’autres mots, si elle pourrait transmettre la COVID-19 d’une personne à l’autre.

Dans une étude américaine menée sur 278 patients atteints de la COVID-19, on constate que l’infection aurait duré généralement plus longtemps chez les patients qui avaient présenté des troubles gastro-intestinaux au préalable. Plus précisément, chez 33 % des patients présentant des troubles digestifs, l’infection aurait duré plus de 7 jours, comparativement à 22 % chez les patients ne présentant pas ces troubles.

De plus, une étude chinoise menée sur 254 patients prévient que le taux de protéines C réactives serait deux fois plus élevé chez les patients ayant eu des troubles gastro-intestinaux. Le haut niveau de protéines C réactives serait un indicateur d’une activité physiologique inflammatoire supérieure à la normale. Ceci reprend l’énoncé précédent suggérant un signal d’alarme d’un processus inflammatoire anormal. On rappelle qu’une des plus grandes complications reliées à la COVID-19 est la cascade inflammatoire créant une détresse respiratoire.

Bref, tout ça ne sent pas très bon, pour ne pas faire de mauvais jeux de mots.

Source : medscape.ca